L’ANNONCE ET LE BESOIN DE COMPRENDRE...

APF FH PGA : Qu’est ce qui t’a amené à consulter ?

Christine : Début 2020, mon gynécologue a détecté un nodule (au sein peut être bénin (non cancéreux) ou malin (cancer) atypique au niveau de mon sein gauche. Après une biopsie, il s’avère qu’il n’y avait pas de trace de malignité, ce nodule était donc bénin.

A la suite de ce résultat, une nouvelle consultation est programmée en août 2020, mais en raison du contexte sanitaire et sociale, je ne peux consulter mon médecin qu’en 2021. Au cours de cette visite, le médecin effectue la palpation de mes deux seins mais ne détecte aucune grosseur.

Il préconise une mammographie uniquement du sein gauche. Puisqu’à l’origine, le nodule avait été détecté dans ce sein.

Je me rends donc dans un cabinet de radiologie afin de réaliser cette mammographie. Arrivée au cabinet, la secrétaire me préconise une mammographie des deux seins car cela fait 2 ans que je suis encore dans la période de contrôle de ma première mammographie de dépistage réalisée par l’Agwadec.

Au cours de cette mammographie, une petite anomalie est détectée dans le sein droit. On me propose de revenir le lendemain pour faire une échographie de contrôle pour comprendre ce qui ne va pas.

J’effectue mon échographie et là, on se rend compte que j’ai une calcification au sein droit, le sein que je n’étais pas venu vérifier.

Grâce au professionnalisme de ce cabinet et de son personnel, dont celui du radiologue qui m’a fait l’ordonnance en urgence, j’ai pu ainsi réaliser rapidement une biopsie. Malheureusement, en Guadeloupe, l’attente des résultats pour ce type d’examen est longue. Je n’ai donc pu recevoir mes résultats que 20 jours après l’examen. Vraiment difficile pour un patient cette attente ! Sachant qu’en hexagone, les résultats sont reçus dans un délai de 8 jours.

Le 24 mars 2021, je reçois mes résultats de biopsie. Je me rends donc chez le radiologue qui m’avait préconisé la biopsie.

C’est donc lui qui me fait la première annonce……

APF FH PGA : Quel a été le lieu et le moment de l’annonce ? Qu’as-tu ressenti durant ce temps de l’annonce ? Comment a réagi ton entourage ? Que t’évoque ton cancer ? As-tu pu l’accepter ?

Christine : Me concernant, il y a eu plusieurs annonces.

Tout d’abord la première. C’est le radiologue qui m’avait demandé de faire la biopsie, quand il a compris qu’il fallait faire des examens plus poussés après la lecture de la mammographie et de l’échographie mammaire qu’il avait lui-même faite. Je lui ai ramené les résultats de la biopsie à sa demande et c’est lui qui m’a annoncé sans « ménagement » : vous avez un cancer du sein ! La nouvelle est tombée brutalement. Il vit mon désarroi et m’informa que cela se soignait de mieux en mieux et qu’il y avait de grandes chances de guérison. Il m’a aussi donné le nom d’un gynécologue/chirurgien à contacter.  J’ai ressenti, de la peine et de la douleur.

La Deuxième annonce, fut celle de ce gynécologue. La visite était plus technique. Taille de la tumeur, son agressivité, l’opération à venir. Il n’envisageait pas la chimio car la tumeur était de petite taille et peu agressive. De plus, j’avais un suivi régulier et des examens très fréquents. Donc c’était une jeune tumeur qui n’aurait pas touché mes ganglions. J’étais plutôt confiante car il l’était également.

Troisième annonce. Suite à l’opération, les cellules endommagées et les ganglions sont analysés. Le médecin me reçoit et contre toutes attentes il m’apprend que : les ganglions sont touchés, il faudra faire une chimiothérapie, il a découvert un autre type de cancer dans mon sein et qu’il n’a peut-être pas complétement retiré la 1ère tumeur, donc il va falloir ré-opérer.

 Cette annonce à été la plus douloureuse ! tout tournait autour de moi ! j’avais touché le fond ! J’étais désespérée !

L’annonce a été très difficile à accepter pour mon entourage. Enfants, parents, conjoint ! ils étaient dans la crainte de l’issue de la maladie. Cette maladie, je ne peux pas l’accepter ! Je lutte au quotidien pour guérir. On parle de « survivant du cancer » c’est dire à quel point c’est difficile. La bataille commence dès le réveil, pour ceux qui peuvent dormir. Douleurs, grosse fatigue, déprime, ne plus savoir quoi manger, insomnies, tout cela sans aucun accompagnement médical, ni psychologique, ni kinési thérapeutique, ni diététique. Aucun soin de support pour livrer cette guerre contre la maladie. Comprenez que je ne puisse accepter cela car je dois me battre pour survivre.

La guerre, elle est ici !


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